RE 2020 : des exigences plus strictes pour une isolation thermique performante

par | Juin 16, 2025 | Construction / Travaux

Depuis le 1er janvier 2022, la réglementation environnementale RE 2020 a pris le relais de la RT 2012. Plus ambitieuse que cette dernière, elle vise à construire des logements moins énergivores, plus confortables en été et surtout plus respectueux de l’environnement. Et cela commence par des normes d’isolation profondément renforcées… Décryptage !

Des seuils rehaussés pour limiter les déperditions thermiques

La première évolution majeure concerne l’épaisseur minimale des isolants, revue à la hausse. Alors que la RT 2012 imposait entre 60 mm et 100 mm selon les zones et les surfaces à traiter, la RE 2020 fixe la barre bien plus haut. En effet, jusqu’à 300 mm d’isolant peuvent être nécessaires, en particulier en toiture, principal point de déperdition thermique d’un logement. Au-delà de l’épaisseur, c’est toute la performance thermique globale qui est réévaluée à travers l’indicateur R (résistance thermique). Plus R est élevé, plus l’isolant est performant. Ainsi, pour isoler des combles aménageables, la réglementation impose un R minimal de 5,2 m²K/W dans les zones les plus froides (H1). Pour les murs, le seuil varie entre 2,2 et 3,2, selon les zones climatiques et l’altitude. Les planchers bas, eux, doivent afficher un R compris entre 2,1 et 3.

Ce renforcement des exigences vise à améliorer les performances énergétiques en hiver, mais aussi à anticiper les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes. Le confort d’été devient ainsi une priorité, avec l’apparition de l’indicateur Degrés-Heures (DH), qui mesure les périodes de surchauffe dans le bâtiment durant la saison chaude.

Choisir des isolants à faible impact carbone

L’autre changement de fond est que la RE 2020 intègre désormais la notion de cycle de vie des matériaux. Il ne s’agit plus seulement de choisir un isolant performant, mais aussi un matériau dont la fabrication, le transport et la pose émettent peu de CO₂. Les isolants biosourcés sont donc mis en avant, notamment la ouate de cellulose, le liège, la fibre de bois, la laine de coton ou le chanvre, dont la conductivité thermique est faible et l’empreinte carbone réduite.

A titre indicatif, la conductivité thermique (λ) de ces matériaux oscille entre 0,035 et 0,045 W/m.K, ce qui les rend très adaptés pour atteindre les performances exigées tout en répondant aux objectifs climatiques. L’isolation devient ainsi un levier double pour réduire la consommation d’énergie et participer activement à la transition écologique du secteur du bâtiment. C’est précisément cette logique qui anime des entreprises spécialisées et certifiées RGE comme Comble Eco, qui accompagnent les propriétaires et les promoteurs dans leurs projets d’isolation en conformité avec la RE 2020.

Une réglementation déterminante pour les aides à la rénovation

Vous ne le saviez peut-être pas, mais les seuils fixés par la RE 2020 conditionnent désormais l’octroi des subventions publiques, qu’il s’agisse de MaPrimeRénov’, des Certificats d’Economies d’Energie (CEE), ou encore des primes spécifiques proposées par certains fournisseurs d’énergie. Le respect des performances thermiques minimales est donc une condition sine qua non pour alléger le coût des travaux. D’autant que ces travaux ne concernent pas uniquement les constructions neuves. De plus en plus de rénovations importantes ou d’extensions doivent elles aussi se conformer à la RE 2020. Dans ce contexte, une mauvaise estimation des matériaux ou un défaut de conception thermique peut coûter cher, non seulement en confort, mais aussi en financement.